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Le meilleur des mondes

Aldous Huxley

 Difficulté **

Profondeur ***

Originalité ****

Emotions ***

Seule dystopie de la liste des cents auteurs, 5 ème de la liste des cent meilleurs romans de langue anglaise du XXe siècle établie par la Modern Library, « Le meilleur des mondes » ("Brave new world" en version originale) possède un titre parfait, comme le lecteur le comprendra.  « 1984 » méritait aussi sa place, mais son auteur a accompli un autre chef d’œuvre: « La ferme des animaux ».

L’intérêt particulier de l’approche d’Huxley se trouve dans l’ambiance générale plutôt légère de son récit. En effet l’ambiguïté parcourt le livre démontrant l’enchaînement des esprits : les bénéficiaires du système sont conditionnés à ne pas en voir les méfaits et peuvent difficilement imaginer la sauvagerie nécessaire à sa pérennité. Tout se passe derrière le rideau et les spectateurs ne sont pas intéressés par les coulisses. Que les groupes génétiques moins parfaits ne puissent pas accéder au spectacle leur paraît tout à fait normal : leur sens moral n’existe pas, conditionnés à être les rouages dociles et efficaces du système. 

 

Ainsi l’auteur joue une partition délicate, délivrant délicatement les horreurs de ce monde parfait, par petites touches cyniques dont les personnages ne tiennent guère compte. Seul le héros, marqué par son décalage physique, s’interroge et cherche une autre voie. Mais dans cet univers parfait, comme dans un film retouché (inspiration de "la matrice"), les aspérités sont gommées et disparaissent sans même affecter l’humeur des proches, dont la superficialité est totale. 

 

Redoutable volume, le titre laisse un goût amer qui sert de message dans la société actuelle amnésique et tourbillonnante : la liberté n’est pas conditionnelle, sinon elle n’est plus. 

Achevé de rédiger le 26/04/2022

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