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Le père Goriot

Difficulté ***

Profondeur ****

Originalité ***

Emotions ***

 

L’oeuvre de Balzac est immense mais "le père Goriot" est considéré comme le chef d’oeuvre de "la comédie humaine" : sa fresque totale sur son époque. Dynamique, touchante, violente, cette oeuvre surpasse les autres par un foisonnement de personnages de toute classe sociale, des émotions paroxystiques et des rebondissements incessants.

Là où Balzac habituellement tire à la ligne pour les raisons financières que l’on connaît, l’auteur génial sacrifie le détail pour le rythme de la vie. Car cette plume pointilleuse est connue pour ces égarements descriptifs. Mais ici elle se restreint à l’esquisse évocatrice pour développer des dialogues vifs et variés, narrer les pensées des personnages ou analyser la société en interpellant son lecteur.

 

Toujours incisif, Balzac n’octroie ses faveurs à personne et vilipende les hommes comme les femmes, les riches comme les pauvres, les aristocrates comme les bourgeois, les domestiques comme les étudiants, les parisiens comme les provinciaux. Car il croque ici un éventail complet de la société et n’épargne pas non plus les médecins ou les policiers. Pourtant il accepte les hauteurs de l’amour, filial pour Goriot, passionné pour Rastignac, interdit pour Vautrin. Comme souvent, l’auteur classique se permet des licences inattendues sur le pouvoir de la séduction et du désir ou l’attraction de la liberté hors la loi.

 

Sur la scène du théâtre balzacien, trois personnages emmènent ce drame. Le héros éponyme, père sacrificiel et vieillard harcelé,  frise la caricature par ses déclarations emphatique, nous interrogeant sur sa cohérence avec notre esprit moderne plus pragmatique. Sa folie terminale crée cependant une cohérence dans le pathos, ramenant le personnage à une humanité martyrisé dans un monde insensible. Tel un Don Quichotte de le paternité, il nous touche par sa naïveté.

 

Les deux autres acteurs, Vautrin et Rastignac, reviendront dans l'oeuvre de Balzac. A l’instar de "Bel ami", Rastignac n’est pas l’ambitieux impitoyable que son nom évoquera plus tard. Tiraillé entre son envie d’ascension sociale et sa morale vertueuse, il ne cédera que partiellement et conservera jusqu’à l’avant-dernière page une conscience touchante et humaine. 

 

L’argent est omniprésent dans "le père Goriot". Seul Vautrin, tel un héros moderne, n’en est pas l’otage. Nombreux sont les personnages qui évoquent le suicide lorsqu’il vient à manquer. Aucune couche de la société n’est épargnée : seuls les montant évoluent ! La fin de Goriot en est la démonstration: le monde réclame des pièces pour le soigner, le déplacer, le veiller, le prier, l’enterrer … A travers ce thème, Balzac démontre l'instabilité de cette période post impériale dans laquelle pouvoir et argent évoluent si vite que leur détention réelle devient incertaine et trouble. 


"Le père Goriot" est une synthèse parfaite et passionnante de l’œuvre de Balzac : la société humaine est certes médiocre,  mais certains individus porte la grâce en eux et disposent de leur destin. 

 

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