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L'Iliade

Le chant fondateur

Difficulté ****

Profondeur **

Originalité ***

Emotion **

Homère est le premier auteur, s'il a existé, de fiction de l’histoire. Ses deux poèmes principaux, présents dans la liste du cercle norvégien, fondent la littérature et créent la figure du héros. Les valeurs de "l'Odyssée" diffèrent ce celles de "l'Iliade", oeuvre guerrière s'il en est.  La violence de la bataille est omniprésente et rappelle les textes médiévaux comme "la chanson de Roland". L’histoire se déroule sur six jours, ignorant l’enlèvement d’Hélène et les 9 années de siège, éludant la chute de Troie, le talon d’Achille et le cheval d’Ulysse. Cette densité guerrière en fait un chant rythmé par les combats.

 

Les traductions les plus respectueuses, dans mon cas celle de Frédéric Mugler, s’efforcent d'ailleurs de rendre la musicalité du poème originel, en conservant le vers de quatorze pieds. Les répétitions incessantes, que ce soit dans les expressions récurrentes : « achéens guêtrés" ou "troyens magnanimes », ou dans les transmissions mot à mot de messages (3 successives parfois), étourdissent parfois le lecteur. Les épithètes homériques manquent parfois d’originalité et bien des personnages sont « beau comme une divinité », « le meilleur au combat », « le plus sage d’entre tous « … Les métaphores animales, systématiques, se répètent également sans grande variation. Les sacrifices très fréquents se reproduisent à l’identique. Les personnages ressassent souvent les événements. Tout conduit à une mélopée hypnotique. 

 

Un intérêt majeur de l’œuvre se trouve dans la présence d’acteurs mythiques comme Achille, Ulysse, Hector, Pâris, Ménélas, Agammemnon, les Ajax … Malheureusement l’omniprésence des dieux sur le champ de bataille et auprès des personnages principaux obère l’intérêt porté par ces derniers : ils n’ont pas de réelle liberté d’action. Il est amusant cependant de frayer avec les divinités grecques et de découvrir leur pusillanimité, sujet que je développerai plus loin. 

 

Une thématique peut sublimer l'oeuvre. Au vu de la puérilité ds dieux , de leur soif de violence, de leur hiérarchie basée sur la force, ne peut-on pas imaginer qu’Homère montre qu'ils n’existent pas ? Quand les défauts des humains, l’avidité d’Agammemnôn, l’orgueil d'Achille ou l’arrogance d’Hector sont bien réels, démontrant leur libre arbitre, les interventions divines brutales et contradictoires accumulent les victimes. Le poète affiche clairement que les dieux sont a l’origine du conflit et le font durer à plaisir. Il montre leur fragilité quand Arès et Aphrodite sont blessés par des héros, leur cruauté quand Zeus condamne Patrocle pour la gloire et le futur trépas d’Achillle, leur indifférence quand leurs rejetons bâtards tombent par dizaine au combat. Homère décrypte l’inanité de sacrifices effectués auprès du même dieu pour une prière opposée. Seul l’arbitraire choix divin assurerait la victoire quelle que soit la piété des belligérants. Tous ces éléments semblent accréditer l’idée d’une religion absurde. Ainsi les déclarations et les discours humains sont bien plus justes et fins que les actions divines : combats et enlèvements. Les prophéties n’apportent que le malheur: Achille n’a pas de vrai choix et doit se ruer vers son trépas. Homère semble nous dire que seul un monde débarrassé du fantastique apportera la liberté à l’homme.

 

"L’Iliade" est un chant perdu dans le passé qui rebutera certains. Pourtant différents niveaux de lecture permettent d’y entendre la voix de l’humanité percer derrière la sauvagerie.

Achevé de rédiger le 30/01/2026

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